Les sirènes d'alerte aérienne hurlaient depuis trois minutes lorsque la première bombe de 5 400 kilos transperça le pont blindé de l'Admiral Scheer.
La Nuit où la Kriegsmarine Mourut : Le Naufrage de l'Admiral Scheer
Quand 617 bombardiers de la RAF transformèrent le dernier cuirassé de poche allemand en tombeau
Les bombardiers de la RAF coulèrent le redoutable cuirassé de poche d'Hitler dans le port de Kiel—et il gît encore aujourd'hui sous un parking.
Les sirènes d'alerte aérienne se mirent à hurler à 21h14, mais pour les marins à bord de l'Admiral Scheer, amarré dans le chantier naval Deutsche Werke de Kiel, il n'y avait nulle part où fuir. Le cuirassé de poche—fierté de la Kriegsmarine, terreur des convois de l'Atlantique—gisait impuissant en cale sèche, ses moteurs froids, ses équipages de défense antiaérienne se ruant vers leurs postes tandis que 617 bombardiers de la RAF obscurcissaient le ciel d'avril.
C'était le 10 avril 1945. Il restait vingt-huit jours de guerre, bien que personne ne le sût alors.
Le Scheer avait forgé sa redoutable réputation des années plus tôt, quand il sillonnait l'Atlantique Sud et l'océan Indien, coulant dix-sept navires marchands alliés lors d'une seule croisière de guerre qui dura 161 jours. Son capitaine, Theodor Krancke, était devenu une légende. Mais désormais il gisait là, blessé, subissant des réparations qu'il n'achèverait jamais.
Le Bomber Command de la RAF avait tout envoyé. Les Lancaster transportaient les massives bombes Tallboy de 5 400 kilos—les armes sismiques de Barnes Wallis, conçues pour s'enfoncer profondément avant d'exploser. À 21h47, les premières bombes frappèrent le chan…
💡 L'Admiral Scheer ne fut jamais renfloué après avoir chaviré—les ingénieurs allemands construisirent simplement un quai par-dessus son épave, et il demeure enseveli sous un terminal maritime moderne de Kiel encore aujourd'hui.