Les balles survinrent sans avertissement, et la seule sortie était bloquée par ceux qui tiraient.
Le Massacre Oublié : Quand les Fusils Britanniques Firent Taire Amritsar
Dix minutes de tirs qui allaient fissurer les fondations d'un empire
Un général britannique ordonna à ses troupes de tirer sur 15 000 civils piégés, embrasant le mouvement indépendantiste indien.
Le soleil de l'après-midi pesait lourdement sur Jallianwala Bagh, un jardin clos au cœur d'Amritsar, au Pendjab. C'était le 13 avril 1919—Baisakhi, l'un des jours les plus sacrés du calendrier sikh. Des milliers de personnes s'étaient rassemblées, peut-être 15 000 ou davantage, nombre d'entre elles étant des pèlerins qui ignoraient tout de l'interdiction britannique des rassemblements publics, proclamée à peine quelques heures plus tôt.
Vers 17h15, le brigadier-général Reginald Dyer fit entrer cinquante fusiliers Gurkhas et Baloutches par l'étroite entrée du Bagh, la seule issue assez large pour ses véhicules blindés—lesquels, par bonheur, ne purent franchir l'ancien passage. Sans sommation, sans ordonner à la foule de se disperser, Dyer commanda à ses hommes d'ouvrir le feu.
Pendant dix minutes ininterrompues, 1 650 cartouches déchirèrent la foule piégée. Des hommes se jetèrent sur des enfants pour les protéger. Des femmes se pressèrent contre les murs de six mètres du jardin, griffant la brique ancienne. Certains plongèrent dans l'unique puits du jardin—plus tard, 120 corps en seraient extraits. Les tirs ne cessèrent que lorsque les munitions vinrent à manquer dangereusement.…
💡 Le puits de Jallianwala Bagh, dans lequel les victimes paniquées sautèrent pour échapper aux balles, livra 120 corps—il ne fut découvert lors du nettoyage que parce que les survivants désespérés s'y étaient entassés par couches.