Les roues de la calèche s'enfonçaient dans la boue devant le Château de Coppet tandis que Germaine de Staël serrait ses manuscrits contre sa poitrine.
La Nuit où Ils Vinrent Chercher Madame de Staël
L'Ennemie la Plus Dangereuse de Napoléon Portait de la Soie et Écrivait des Livres
Napoléon exila Germaine de Staël le 13 avril 1803—parce que sa plume le terrifiait plus que les armées.
Les roues de la calèche s'enfonçaient dans la boue devant le Château de Coppet tandis que Germaine de Staël serrait ses manuscrits contre sa poitrine. On était le 13 avril 1803, et l'homme le plus puissant d'Europe venait de signer son ordre d'exil. Elle n'était ni générale, ni espionne, ni assassin—elle était une femme armée d'une plume, et Napoléon Bonaparte la craignait plus qu'il ne craignait les armées.
Fille de Jacques Necker, le célèbre ministre des Finances de Louis XVI, Germaine avait grandi dans les salons étincelants du Paris d'avant la Révolution, débattant de philosophie avec les plus grands esprits de son époque. À la trentaine, elle était devenue la reine intellectuelle de l'Europe, son salon parisien attirant diplomates, écrivains et révolutionnaires. Ses romans bousculaient les conventions ; ses traités politiques questionnaient l'autorité. Et son esprit était dévastateur.
« C'est une machine en mouvement qui agite les salons », se plaignit un jour Napoléon à son frère Joseph. Mais c'était bien pire que cela. De Staël avait commencé à critiquer ouvertement son virage autoritaire, sa suppression de la presse, son couronnement en Empereur en devenir. Dans son salon…
💡 Napoléon annotait personnellement les livres de de Staël avec des marginalia courroucées et fit un jour détruire 10 000 exemplaires de son œuvre en une seule journée.