Les premières balles claquèrent au-dessus de l'eau avant que l'aube n'ait complètement embrasé la côte sud de Cuba.
La Baie des Cochons : Quand l'invasion s'effondra sur la plage
1 400 exilés, une mission vouée à l'échec, et les 72 heures qui humilièrent une superpuissance
L'invasion de la Baie des Cochons, soutenue par la CIA, s'effondra en 72 heures, humiliant JFK et posant les jalons d'une crise nucléaire.
Les premières balles claquèrent au-dessus de l'eau avant que l'aube n'ait complètement embrasé la côte sud de Cuba. Le 17 avril 1961, les hommes de la Brigade 2506 pataugeaient dans les eaux tièdes des bas-fonds caribéens à Playa Girón, leurs fusils américains brandis au-dessus de leurs têtes, le cœur battant sous le poids de ce qu'ils croyaient être leur destin. La plupart étaient des exilés cubains — médecins, avocats, anciens soldats, étudiants — qui avaient tout abandonné lorsque la révolution de Castro s'était tournée vers Moscou. Ils revenaient maintenant chez eux pour reconquérir leur patrie.
Mais le plan se désintégrait déjà. Deux jours plus tôt, huit bombardiers B-26 vieillissants avaient frappé les aérodromes cubains lors d'un raid préliminaire destiné à neutraliser l'armée de l'air de Castro. L'attaque, conçue pour ressembler à une défection de pilotes cubains, ne trompa personne. Aux Nations Unies, l'ambassadeur américain Adlai Stevenson — délibérément maintenu dans l'ignorance par la CIA — avait défendu cette version officielle, pour découvrir ensuite qu'on avait fait de lui un menteur aux yeux du monde entier. Le président Kennedy, ébranlé par les retombées diplomati…
💡 Le nom de code de l'invasion, « Opération Zapata », fut choisi par la CIA parce que la zone de débarquement avait une géographie en forme de chaussure — Zapata signifie « chaussure » en espagnol, et c'était également le nom du marécage voisin.