La nuit sentait la cordite et la peur, et 1 700 hommes voguaient vers un mur de canons allemands sachant que la plupart ne reviendraient jamais.
Le Raid de Zeebrugge : Le Pari Désespéré de la Grande-Bretagne aux Portes de l'Enfer
Quand 1 700 volontaires naviguèrent vers une mort certaine pour boucher la bouteille à sous-marins du Kaiser
Le jour de la Saint-Georges 1918, des volontaires britanniques naviguèrent sur des navires obsolètes vers un port belge fortifié pour bloquer les sous-marins allemands.
La nuit sentait la cordite et la peur. À 23h56, le 23 avril 1918, l'antique croiseur HMS Vindictive avançait péniblement à travers un brouillard artificiel vers le port belge de Zeebrugge, ses ponts bondés de 200 Royal Marines agrippant fusils et grenades. Au-dessus d'eux, les fusées éclairantes allemandes explosaient en phosphorescences blanches, et soudain l'écran de fumée se dissipa. Ils étaient à découvert.
La jetée—un brise-lames de béton d'un mile et demi de long protégeant l'entrée du canal—se mit à cracher le feu des mitrailleuses. Le capitaine de corvette Arthur Harrison regardait les hommes tomber autour de lui comme le blé sous la faux. Il ne survivrait pas à la nuit, mais la citation de sa Victoria Cross noterait plus tard qu'il avait « chargé » l'ennemi « avec le plus grand courage » jusqu'à ce qu'une balle lui traverse la tête.
Le Raid de Zeebrugge était la réponse audacieuse du vice-amiral Roger Keyes à la guerre sous-marine à outrance de l'Allemagne. Les ports des Flandres de Zeebrugge et Ostende abritaient des U-boots qui étranglaient les lignes de ravitaillement atlantiques de la Grande-Bretagne—coulant 500 000 tonnes de navires alliés chaque mois. Le plan de Ke…
💡 Le raid fut délibérément programmé pour le jour de la Saint-Georges afin de maximiser sa valeur propagandiste—l'amiral Keyes voulait que les journaux anglais écrivent que « le saint patron de l'Angleterre veillait sur ses guerriers ».