Le vent les trahit à minuit, et 1 700 marins britanniques chargèrent malgré tout face aux canons.

Le Raid de Zeebrugge : La Charge Suicidaire de la Grande-Bretagne Contre la Menace des U-Boots

Le jour de la Saint-Georges 1918, 1 700 volontaires naviguèrent vers une mort certaine pour bloquer un nid de sous-marins allemands

Un raid britannique suicidaire le jour de la Saint-Georges 1918 tenta de bloquer les U-boots allemands en coulant des navires dans un canal belge.

La côte belge était enveloppée d'un écran de fumée artificielle lorsque le HMS Vindictive émergea des ténèbres tel un vaisseau fantôme, son pont déjà se fracturant sous les tirs d'obus allemands. Il était un peu plus de minuit le 23 avril 1918—jour de la Saint-Georges—et le raid naval le plus audacieux de la Grande Guerre venait de commencer.

Le môle lourdement fortifié de Zeebrugge protégeait un canal qui servait d'autoroute aux U-boots allemands terrorisant la navigation alliée. Les sous-marins se faufilant par ce port belge avaient envoyé plus de 2,5 millions de tonnes de ravitaillement au fond de l'océan. L'amiral britannique Roger Keyes avait convaincu l'Amirauté d'un plan d'une audace presque impossible : prendre d'assaut le môle, distraire ses défenseurs, et couler trois croiseurs obsolètes remplis de béton pour bloquer définitivement l'entrée du canal.

Les volontaires connaissaient les chances. Beaucoup avaient écrit leurs dernières lettres à leurs proches. Le capitaine Alfred Carpenter, commandant le Vindictive, se souvint plus tard du silence inquiétant avant l'accostage, rompu seulement par le vrombissement des moteurs et des prières murmurées.

Puis l'enfer se déchaîn…

💡 Deux Victoria Cross furent décernées par vote—les survivants du raid votèrent entre eux pour désigner qui méritait la médaille, une pratique utilisée seulement deux fois dans l'histoire militaire britannique.