Le jeune prêtre se tenait pieds nus sur le marché aux esclaves de Tunis, écoutant les enchérisseurs se disputer le prix de sa vie.
L'Espion devenu Saint : La Captivité oubliée de Vincent de Paul
Comment l'esclavage d'un jeune prêtre français en Tunisie le transforma en patron des pauvres pour l'éternité
Un jeune prêtre français réduit en esclavage par des pirates barbaresques en 1605 devint le plus célèbre défenseur des pauvres de l'histoire.
Le soleil méditerranéen s'abattait sans pitié sur le marché aux esclaves de Tunis en avril 1605. Parmi la cargaison humaine débarquée d'un navire français capturé se tenait un prêtre de 24 ans nommé Vincent de Paul, sa soutane déchirée, ses poignets à vif par les brûlures des cordes. Il revenait de Marseille lorsque des corsaires barbaresques fondirent sur son navire—et en un instant, sa trajectoire confortable vers une paisible vie de paroisse vola en éclats.
Pendant deux ans, Vincent allait passer entre les mains de trois maîtres différents. Le premier était un pêcheur qui trouva ce prêtre sujet au mal de mer parfaitement inutile sur les bateaux. Le deuxième était un vieil alchimiste obsédé par la transmutation du plomb en or, qui passait des heures à montrer à Vincent ses expériences ratées dans un laboratoire exigu empestant le soufre et le mercure. Mais ce fut son troisième maître—un renégat français converti à l'islam—dont la maisonnée allait tout changer.
Dans une lettre à son protecteur Monsieur de Comet, datée du 24 avril 1607, Vincent décrivit le moment qui précipita son évasion. L'épouse du renégat, une femme turque qui n'avait jamais abandonné sa curiosité pour le chr…
💡 Le deuxième maître de Vincent de Paul, l'alchimiste, lui aurait prétendument enseigné des secrets de médecine par les plantes que Vincent utilisa plus tard pour soigner les victimes de la peste à Paris.