Les clés en plastique suspendues au cou des jeunes soldats adolescents promettaient le paradis — mais d'abord, ils devaient reprendre une ville que les Irakiens juraient imprenable.

La Chute de Khorramshahr : Le Moment Stalingrad de l'Iran

Quand une ville meurtrie devint le symbole de la résistance iranienne face à l'invasion de Saddam

La reconquête sanglante de Khorramshahr par l'Iran en 1982 devint un tournant à la Pyrrhus qui prolongea une guerre dévastatrice.

L'odeur de pétrole brûlé pesait lourdement sur Khorramshahr en ce 27 avril 1982, tandis que les soldats iraniens rampaient dans l'obscurité précédant l'aube vers les positions irakiennes. Depuis dix-huit mois, cette ville portuaire sur le Chatt el-Arab était un territoire occupé — un trophée que Saddam Hussein avait saisi dans les premiers jours de son invasion, la rebaptisant « Khunistan » (Terre de Sang). Désormais, l'Opération Beit ol-Moqaddas allait la reconquérir.

La bataille qui atteignit son paroxysme en ce jour de printemps fut sans précédent dans l'histoire moderne du Moyen-Orient. Les forces iraniennes — un mélange d'unités de l'armée régulière, de Gardiens de la Révolution et de jeunes volontaires Basij adolescents — affrontaient des troupes irakiennes retranchées, armées d'un arsenal soviétique supérieur. Ce qui leur manquait en équipement, ils le compensaient par une détermination fanatique. Certains soldats portaient des clés autour du cou, « clés du paradis » symboliques distribuées par les mollahs promettant les récompenses du martyre.

Le commandant irakien, le Général Hisham Sabah Fakhri, avait transformé Khorramshahr en forteresse. Des champs de mines encerclaie…

💡 Les soldats irakiens défendant Khorramshahr étaient si convaincus des attaques iraniennes en vagues humaines que beaucoup se rendirent pour éviter d'être submergés — sans réaliser que les forces iraniennes étaient en réalité largement inférieures en nombre lors de l'assaut final.