L'homme le plus puissant d'Asie était mourant, et son propre fils avait déjà tenté de tuer son meilleur ami pour précipiter les choses.

Le Dernier Souffle de l'Empereur : Les Dernières Heures d'Akbar à Agra

Comment une crise de succession faillit déchirer l'Empire moghol avant même que le corps du plus grand souverain ne soit froid

Akbar le Grand mourut le 29 avril 1605, légitimant la succession de son fils rebelle dans son dernier souffle.

L'air du Fort d'Agra était lourd d'encens et d'effroi en cette nuit du 29 avril 1605. Derrière les écrans de marbre sculpté, médecins de Perse, vaids hindous et jésuites portugais avaient tous épuisé leurs remèdes. L'empereur Akbar le Grand—l'homme qui avait unifié la majeure partie du sous-continent indien, qui avait dîné avec des philosophes de toutes confessions, qui avait aboli la haïssable jizya imposée aux non-musulmans—se mourait de dysenterie à soixante-trois ans.

Dans les antichambres, les courtisans chuchotaient en turc, en persan et en hindi. La succession était loin d'être réglée. Le prince Salim, fils aîné survivant de l'empereur, s'était ouvertement rebellé quatre ans plus tôt, allant jusqu'à frapper sa propre monnaie à Allahabad. À présent, il attendait, entouré de loyalistes, tandis que le cercle intime d'Akbar débattait de l'écarter au profit de son propre fils, Khusrau.

Abul Fazl, conseiller le plus proche d'Akbar et son chroniqueur, avait déjà été assassiné sur ordre de Salim—pris en embuscade sur une route poussiéreuse en 1602. L'empereur ne s'était jamais remis de cette trahison. Ceux qui assistèrent à ses derniers jours notèrent qu'Akbar parlait peu, mangeai…

💡 La tombe d'Akbar à Sikandra est l'une des rares sépultures impériales mogholes dépourvues d'inscriptions coraniques—reflet de sa spiritualité hétérodoxe jusqu'à la fin.