Le pilote de reconnaissance n'en croyait pas ses yeux en lisant le message inscrit sur le toit de la prison en contrebas—un message qui signifiait que la guerre en Birmanie était soudainement, contre toute attente, terminée.

La Chute de Rangoon : Quand la Capitale Birmane S'Effondra dans le Silence

Une victoire alliée oubliée qui changea le destin de l'Asie du Sud-Est

Un message sur un toit, peint par des prisonniers de guerre, révéla que les Japonais avaient abandonné Rangoon, mettant fin à la plus longue campagne britannique de la Seconde Guerre mondiale.

Les nuages de mousson pesaient bas sur le delta de l'Irrawaddy au matin du 1er mai 1945, tandis que le Wing Commander A.E. Saunders inclinait son avion de reconnaissance Mosquito au-dessus de Rangoon. En contrebas, l'immense ville gisait dans un calme inquiétant—aucun tir antiaérien, aucun chasseur japonais ne décollait pour l'intercepter. Quelque chose n'allait pas. Ou peut-être, contre toute attente, tout allait enfin bien.

Saunders descendit à travers l'air humide, moteurs hurlants, jusqu'à distinguer l'enceinte de la Prison Centrale de Rangoon. Là, peints en immenses lettres blanches sur le toit, des mots qui allaient tout changer : 'JAPS GONE. EXDIGITATE.' Les prisonniers—pour la plupart des aviateurs et soldats alliés—avaient ajouté ce dernier mot, un argot de la RAF signifiant 'remuez-vous' ou dépêchez-vous.

Pendant trois ans, Rangoon avait été le joyau de l'empire japonais en Asie du Sud-Est, un port vital acheminant riz, pétrole et matériaux stratégiques vers le nord. Désormais, alors que la 14e Armée sous le commandement du Général William Slim progressait vers le sud à travers la Birmanie dans l'une des campagnes les plus éprouvantes de l'histoire, les Japonais s'étaie…

💡 Le mot 'EXDIGITATE' peint sur le toit de la prison était un argot de la RAF si obscur que les officiers du renseignement furent d'abord incapables de décoder ce que les prisonniers voulaient dire.