Les soldats africains qui avaient versé leur sang pour la France au cours de deux guerres étaient désarmés comme des prisonniers — et ils décidèrent de se battre.

Le Massacre de Brazzaville : Quand la France Libre se retourna contre les siens

Une mutinerie oubliée au cœur de l'Afrique française libre qui menaça l'effort de guerre de de Gaulle

Une mutinerie oubliée de 1940, menée par des troupes coloniales africaines à Brazzaville, fut brutalement réprimée, ses victimes effacées de l'histoire.

Le matin du 13 mai 1940 se leva chaud et humide sur Brazzaville, capitale de l'Afrique-Équatoriale française. Dans les casernes des Tirailleurs Sénégalais, les soldats coloniaux africains qui avaient servi la France depuis des générations s'agitaient avec inquiétude. Des rumeurs s'étaient répandues comme une traînée de poudre : la France tombait aux mains des Allemands, et leurs officiers blancs s'apprêtaient à les abandonner — ou pire, à les livrer aux collaborateurs de Vichy.

Ce qui se passa ensuite a été en grande partie effacé des histoires officielles.

Le sergent Mamadou Diallo, un vétéran de vingt ans de service, rassembla ses hommes dans l'obscurité précédant l'aube. L'administration coloniale était devenue de plus en plus paranoïaque à mesure que les nouvelles d'Europe empiraient. Les soldats africains étaient désarmés, leurs munitions confisquées. Pour des hommes qui avaient saigné pour la France dans les tranchées de Verdun et les montagnes du Rif, c'était la trahison ultime.

La mutinerie débuta à 05h30. Environ 200 Tirailleurs s'emparèrent de l'armurerie, submergeant la garde réduite. Pendant six heures terrifiantes, ils tinrent le quartier européen en otage, exigeant…

💡 Le gouverneur Boisson, qui ordonna le massacre, devint plus tard le plus haut fonctionnaire de Vichy en Afrique — et fut gracié après la guerre malgré sa collaboration et les morts de Brazzaville.