Les bombes qui s'abattirent sur Caen cet après-midi de printemps furent larguées par des libérateurs, non par des envahisseurs—et elles tuèrent en trente minutes plus de civils français que quatre années d'occupation allemande.
Le Bombardement de Caen : Quand les Avions Alliés Ensevelirent une Cité Médiévale
Le raid aérien controversé qui tua plus de civils français que de soldats allemands
Les bombardiers alliés détruisirent la cité médiévale de Caen quelques semaines avant le Jour J, tuant 800 civils français tout en épargnant largement les défenses allemandes.
Le matin du 14 mai 1944 se leva radieux sur la Normandie. À Caen, une ville dont les murailles de pierre avaient été témoins du couronnement de Guillaume le Conquérant près de neuf siècles auparavant, les familles françaises vaquaient à leurs occupations sous l'occupation allemande. Personne ne se doutait que d'ici quelques heures, leur cité se transformerait en bûcher funéraire.
À 13h30, le vrombissement des moteurs d'avions enfla jusqu'à devenir un grondement assourdissant. Près de 500 bombardiers américains B-24 Liberator et B-17 Flying Fortress obscurcirent le ciel, libérant leur cargaison mortelle non pas sur les installations militaires allemandes, mais en plein cœur de la ville. Pendant les trente minutes qui suivirent, les quartiers médiévaux de Caen—ses maisons à colombages, ses églises romanes, ses ruelles pavées—disparurent sous 3 500 tonnes d'explosifs.
Marie-Louise Osmont, une habitante qui tint un journal secret tout au long de l'occupation, décrivit « d'énormes colonnes de fumée et de débris s'élevant comme des fleurs monstrueuses » tandis que ses voisins hurlaient et couraient dans des rues soudain transformées en torrents de décombres. L'Église Saint-Jean, où des…
💡 L'Abbaye aux Hommes, abritant le tombeau de Guillaume le Conquérant, ne survécut au bombardement que parce que des réfugiés avaient peint d'immenses croix rouges sur son toit—un pari désespéré qui fonctionna.