Dans un bureau exigu du Foreign Office à Londres, deux hommes se penchaient sur une carte de l'Empire ottoman, leurs crayons traçant des lignes à travers des déserts, des montagnes et des cités antiques qu'ils n'avaient jamais vues.

La Trahison de Sykes-Picot : Quand Deux Diplomates Dépecèrent le Moyen-Orient

Un accord secret signé dans les ombres de la guerre qui saigne encore aujourd'hui

Deux diplomates dépecèrent secrètement le Moyen-Orient en 1916, créant des frontières qui alimentent les conflits jusqu'à aujourd'hui.

Dans un bureau exigu du Foreign Office à Londres, deux hommes se penchaient sur une carte de l'Empire ottoman, leurs crayons traçant des lignes à travers des déserts, des montagnes et des cités antiques qu'ils n'avaient jamais vues. C'était le 16 mai 1916, et Sir Mark Sykes, un baronnet aux visions romantiques de l'Orient, venait d'achever ses négociations avec François Georges-Picot, un diplomate français aux ambitions coloniales glaciales. En quelques traits, ils démembrèrent un empire qui avait tenu debout pendant six siècles.

L'accord qu'ils signèrent ce jour-là était destiné à rester enseveli dans les valises diplomatiques pour l'éternité. La France revendiquerait la Syrie et le Liban. La Grande-Bretagne prendrait l'Irak et la Jordanie. La Palestine tomberait sous administration internationale. Les peuples arabes—qui combattaient et mouraient alors aux côtés des forces britanniques contre les Ottomans, à qui T.E. Lawrence et d'autres avaient promis l'indépendance—ne furent pas consultés. Ils ne furent même pas informés.

Sykes, qui avait voyagé à travers la région et se considérait comme un expert, traça sa ligne tristement célèbre avec un crayon gras : du « e » d'Acre au der…

💡 Sykes traça sa tristement célèbre ligne frontalière avec un crayon gras, reliant nonchalamment deux lettres sur une carte—le « e » d'Acre au « k » de Kirkuk—créant des frontières qui allaient définir et déstabiliser la région pendant plus d'un siècle.