Les écoliers britanniques étaient venus voir les navires de guerre allemands capturés — ils assistèrent plutôt à la noyade d'un empire.

La flotte fantôme de Scapa Flow : Quand l'Allemagne saborda sa propre marine

Cinquante-deux navires de guerre coulèrent en un seul après-midi — le plus grand acte d'auto-destruction navale de l'histoire

Un amiral allemand saborda 52 navires de guerre dans un port britannique plutôt que de les livrer — sous les yeux d'écoliers.

À 10h30, le matin du 21 juin 1919, le contre-amiral Ludwig von Reuter se tenait sur la passerelle du cuirassé interné SMS Emden et observait une flottille d'écoliers britanniques à bord de bateaux d'excursion défiler devant les navires de guerre allemands à l'ancre. Les enfants faisaient des signes de la main. Certains marins allemands leur répondaient. En quelques heures, ces mêmes enfants allaient voir soixante-quatorze navires de guerre — la fierté de la Hochseeflotte du Kaiser — commencer à sombrer dans les eaux glacées d'Écosse.

Pendant sept mois, la flotte allemande avait pourri à l'ancre à Scapa Flow, la base isolée de la Royal Navy dans les îles Orcades. Les négociations du traité de Versailles s'éternisaient à Paris, et von Reuter savait que les Alliés comptaient s'emparer de ses navires. Il n'avait reçu aucun ordre direct de Berlin — les communications étaient délibérément vagues — mais il comprenait ce que l'honneur exigeait.

À 11h20, von Reuter hissa le signal : « Paragraphe Onze. Confirmez. » C'était le code convenu à l'avance. Dans tout le mouillage, les équipages allemands fracassèrent les vannes de coque à coups de masse, ouvrirent les portes des tubes lance-torpi…

💡 L'acier des navires allemands sabordés devint extrêmement précieux pour les instruments scientifiques car il est antérieur aux essais nucléaires atmosphériques et ne contient aucune contamination radioactive.