Les officiers allemands qui montaient à bord du destroyer ravagé ignoraient qu'ils se tenaient sur quatre tonnes d'explosifs dont le compte à rebours touchait à sa fin.

Le Commando de Saint-Nazaire : Quand la Grande-Bretagne Détruisit la Forteresse Atlantique d'Hitler

Le plus grand raid de la guerre — et le lendemain matin qui scella sa légende

Des commandos britanniques lancèrent un destroyer chargé d'explosifs contre la plus grande forme de radoub de France, anéantissant la stratégie navale atlantique d'Hitler.

L'estuaire de la Loire sentait le pétrole et l'acier en fusion lorsque l'aube se leva le 26 juin 1942. Dans le port de Saint-Nazaire, sous contrôle allemand, le chaos régnait encore après le raid commando britannique qui avait frappé aux premières heures du 28 mars. Mais en ce matin de juin, trois mois plus tard, la machine de propagande nazie admit enfin ce qu'elle avait tenté de dissimuler : l'immense forme de radoub Normandie — la seule installation atlantique capable d'accueillir le cuirassé Tirpitz — était détruite de manière irréparable.

Le raid lui-même avait été un suicide déguisé en stratégie. Le HMS Campbeltown, un destroyer américain obsolète bourré de quatre tonnes d'explosifs à retardement, avait percuté les portes de la forme à 1h34 du matin le 28 mars. Les soldats allemands qui montèrent à bord du navire apparemment abandonné le lendemain matin — le 26 juin marquerait l'évaluation finale — ne soupçonnaient jamais la mort qui ticquait sous leurs bottes. À 10h35 ce matin de mars, le navire avait explosé, tuant plus de 300 soldats et officiers allemands rassemblés pour inspecter leur « prise ».

Le Lieutenant-Colonel Charles Newman, qui mena les 265 commandos à terre,…

💡 Les détonateurs à retardement du HMS Campbeltown étaient réglés pour huit heures, mais l'explosion survint au bout de dix heures et demie — des officiers allemands furent photographiés posant fièrement sur le pont du navire quelques minutes seulement avant qu'il n'explose.