Le bateau de pêche racla le sable de Porto Ercole, et l'homme qui tituba jusqu'au rivage ne ressemblait en rien au peintre le plus célébré de Rome.

Le Peintre qui mourut deux fois : La dernière fuite du Caravage à travers l'Italie

Un génie fugitif, une grâce papale et une fièvre sur le rivage

Le plus grand peintre de son époque mourut fiévreux et seul sur une plage italienne, quelques jours avant l'arrivée de sa grâce.

Le bateau de pêche racla le sable de Porto Ercole, et l'homme qui tituba jusqu'au rivage ne ressemblait en rien au peintre le plus célébré de Rome. Michelangelo Merisi da Caravaggio—meurtrier, génie, chevalier de Malte et fugitif pontifical—brûlait de fièvre, ses yeux scrutant le port à la recherche du navire qui transportait tout ce qu'il possédait.

On était le 9 juillet 1610, et l'artiste de 38 ans fuyait depuis quatre ans. En 1606, une rixe de rue à Rome s'était terminée avec son épée plantée dans l'aine de Ranuccio Tomassoni. La condamnation à mort avait suivi en quelques jours. Depuis lors, le Caravage avait peint son chemin à travers l'Italie—Naples, Malte, la Sicile—chaque chef-d'œuvre une tentative désespérée d'obtenir la grâce papale qui lui permettrait de rentrer chez lui.

Désormais, cette grâce était si proche qu'il pouvait presque la toucher. Le cardinal Scipione Borghese, neveu du pape et collectionneur passionné, avait négocié sa clémence. Trois tableaux étaient déjà en route pour Rome en guise de paiement—dont l'envoûtant 'David avec la tête de Goliath', où le Caravage avait peint sa propre tête tranchée dans la prise sans vie de Goliath.

Mais quelque chose avait…

💡 En 2010, des scientifiques découvrirent que les os du Caravage contenaient des niveaux de plomb si élevés qu'ils pourraient avoir causé le comportement erratique qui marqua ses dernières années—probablement à cause des pigments à base de plomb de ses propres tableaux révolutionnaires.