L'amiral le plus redouté de la Méditerranée mourait le visage tourné vers la mer — le seul maître qu'il eût jamais véritablement servi.

Le Dernier Souffle du Corsaire : Barberousse meurt à l'apogée de la puissance ottomane

Comment la mort d'un marin grec laissa orpheline la plus grande marine de Méditerranée

Le légendaire corsaire Barberousse mourut le 29 août 1546, mettant fin à une ère de suprématie navale ottomane.

La chaleur estivale de 1546 pesait sur le grand palais de Büyükdere, surplombant le Bosphore, où l'amiral le plus redouté de l'histoire méditerranéenne gisait mourant. Hayreddin Barberousse — né Khizr, fils d'un soldat Sipahi et d'une veuve grecque orthodoxe — avait passé soixante-dix ans à se transformer d'apprenti potier de Lesbos en Grand Amiral de la flotte ottomane, l'homme qui avait fait trembler l'Europe chrétienne.

Le 29 août, tandis que les serviteurs éventaient l'air immobile, le souffle de Barberousse s'éteignit enfin. Selon le chroniqueur ottoman Seyyid Muradi, qui composa sa biographie quelques décennies après la mort de l'amiral, le vieux corsaire avait refusé de mourir dans son lit. Il avait insisté pour être porté jusqu'à une fenêtre donnant sur la mer — son véritable royaume — une dernière fois.

La trajectoire de cet homme défiait toutes les attentes de sa naissance. Orphelin très jeune, Hayreddin et ses frères s'étaient tournés vers la course au large des côtes anatoliennes, constituant progressivement une flotte qui allait défier l'hégémonie espagnole à travers toute la Méditerranée occidentale. En 1533, le sultan Soliman le Magnifique l'avait convoqué à Consta…

💡 Les marins ottomans perpétuèrent le rituel de prier sur la tombe de Barberousse avant leurs voyages pendant plus de 300 ans, et la Marine turque y dépose encore une couronne chaque année.