Les officiers allemands à Sofia étaient encore à table lorsqu'ils devinrent prisonniers de guerre.
Le jour où la Bulgarie changea de camp : Quand les canons de Sofia se retournèrent contre Hitler
Un coup d'État sans effusion de sang qui fit vaciller la Wehrmacht à travers les Balkans
La Bulgarie passa d'alliée à ennemie des nazis en une seule nuit, abandonnant 350 000 soldats allemands en Grèce.
À 21 heures, le 6 septembre 1944, Radio Sofia grésilla pour diffuser une annonce qui aurait semblé absurde quelques heures plus tôt. Le gouvernement bulgare—fidèle allié balkanique d'Hitler depuis 1941—venait de déclarer la guerre à l'Allemagne nazie.
Dans la capitale, la confusion régnait. Les officiers allemands stationnés à Sofia portèrent la main à leurs armes de poing, pour découvrir que les soldats bulgares qu'ils avaient formés et équipés pointaient désormais leurs fusils sur eux. Il n'y eut aucun combat—seulement le spectacle surréaliste d'anciens alliés devenant prisonniers le temps d'une émission radio.
Le coup d'État se préparait depuis des mois. La Bulgarie occupait une position singulière dans l'alliance hitlérienne : elle avait déclaré la guerre à la Grande-Bretagne et aux États-Unis, mais avait obstinément refusé de combattre l'Union soviétique, invoquant de profonds liens culturels slaves. Les troupes bulgares avaient occupé des territoires yougoslaves et grecs, libérant ainsi des divisions allemandes pour le Front de l'Est, mais pas un seul soldat bulgare n'avait tiré sur un soldat de l'Armée rouge.
En septembre 1944, cette neutralité prudente devint intenable.…
💡 La Bulgarie fut la seule puissance de l'Axe à terminer la Seconde Guerre mondiale avec une population juive plus nombreuse qu'à son commencement—ayant refusé de déporter ses 50 000 Juifs malgré les pressions allemandes.