La boue était vivante—elle engloutissait fusils, chevaux et hommes tout entiers.
La Nuit Où les Fantômes Canadiens Ont Pris la Boue de Passchendaele
Comment 16 000 Hommes Ont Griffé l'Enfer pour Capturer un Village Qui N'Existait Plus
Les soldats canadiens ont capturé Passchendaele au prix humain exact prédit par leur général—pour un terrain qui serait perdu quelques mois plus tard.
La boue était vivante. Elle engloutissait fusils, chevaux et hommes tout entiers. Le 2 novembre 1917, tandis qu'une pluie froide tombait sur les Flandres, le Corps canadien se préparait à l'assaut de ce qui restait de Passchendaele—un village belge désormais réduit à une traînée de décombres au sommet d'une crête qui avait déjà consumé 300 000 victimes alliées.
Le soldat William Chicken du 78e Bataillon écrivit à sa mère ce matin-là : « Nous montons à l'assaut à l'aube. Le terrain devant nous est une mer de cratères remplis d'eau et d'hommes morts. Que Dieu nous aide tous. »
Le lieutenant-général Arthur Currie, le commandant canadien, avait supplié ses supérieurs britanniques de ne pas ordonner cette attaque. Il avait calculé qu'elle coûterait exactement 16 000 victimes canadiennes pour prendre une crête sans importance. Sir Douglas Haig insista. La crête devait tomber.
À 6h00 du matin, l'artillerie canadienne déclencha un barrage roulant tandis que l'infanterie des 1re et 2e Divisions rampait à travers des cratères d'obus remplis de résidus de gaz moutarde et de cadavres en décomposition. Les Allemands avaient fortifié chaque casemate de béton, chaque ferme en ruines. Les mitra…
💡 La prédiction précise du lieutenant-général Currie de 16 000 victimes fut considérée comme insubordonnée par le commandement britannique, mais son estimation s'avéra exacte à 400 soldats près.