Il ne pouvait pas voir les journaux qu'il dirigeait — mais il voyait l'avenir du journalisme plus clairement que quiconque.

Joseph Pulitzer : L'immigrant qui inventa le journalisme moderne

Né en Hongrie, il transforma à jamais la presse américaine

Joseph Pulitzer, né en Hongrie, arriva en Amérique adolescent et sans le sou, pour bâtir un empire de presse qui façonna le journalisme moderne.

Joseph Pulitzer vint au monde le 10 avril 1847, à Makó, en Hongrie — fils d'un riche négociant en grains qui mourut alors que Joseph n'était encore qu'un enfant. Chétif, myope, et parlant à peine l'anglais, Pulitzer débarqua en Amérique à dix-sept ans, en 1864, pour combattre dans la guerre de Sécession, rejoignant un régiment de cavalerie composé en grande partie d'immigrants allemands.

Après la guerre, Pulitzer erra jusqu'à St. Louis, où il travailla comme serveur, palefrenier et passeur de bac, avant de décrocher un poste de reporter dans un journal germanophone. Son ambition était sans limites. En 1878, il avait racheté et fusionné deux journaux en difficulté pour créer le St. Louis Post-Dispatch, qui sous sa direction devint extrêmement rentable grâce à une formule radicale : un journalisme d'investigation agressif combiné à des faits divers sensationnels.

En 1883, Pulitzer racheta le New York World, alors en perte de vitesse, et le transforma selon le même modèle. Il se fit le champion des pauvres, dénonça la corruption, mena des croisades pour les services publics, et publia des illustrations audacieuses quand ses concurrents s'en tenaient à des colonnes de texte compact.…

💡 Pulitzer devint presque aveugle à la quarantaine, mais continua de diriger ses journaux en se faisant lire tout à haute voix.